Journal de route – Déc. 2021 – Février 2022

09 Avril, 2022
Provenance: fsspx.news

18 décembre 2021

Le traditionnel repas de Noël de notre Brocante La Vie a lieu en ce samedi soir et c’est une grande joie de le prendre avec toute l’équipe des employés et des bénévoles de cette belle œuvre. Cette idée, qui paraissait un peu folle, du supérieur de district de l’époque, l’abbé Henry Wuilloud, a fait ses preuves, et nombreuses sont les familles comme les écoles qui peuvent bénéficier d’un petit coup de pouce financier, but de cette brocante, s’il était besoin de le rappeler. A tel point que l’on se demande s’il ne faudrait pas aussi exporter le concept en Suisse allemande… Avis en tout cas aux personnes intéressées à tenter l’aventure !

19 décembre 2021

Notre prieuré de Vouvry est en quarantaine, et bien atteint par un virus qu’on ne nommera pas… C’est bien volontiers qu’on prête main forte à l’apostolat dominical depuis Rickenbach, et pour ce dimanche, je me rends à notre chapelle de Lausanne.

Après les deux messes, il y a quelques malades à visiter en urgence, car le coronavirus ne fait pas seulement des dégâts chez les abbés mais aussi chez les fidèles. Du coup, l’après-midi est bien rempli et le programme initial pas mal chamboulé, mais on est prêtre avant tout et la première des lois est toujours le salut des âmes !

25 décembre 2021

Notre cher abbé André Maret va mieux, mais pas encore suffisamment pour assurer les messes de la Nativité. Cela me donne l’occasion de célébrer les messes de Noël en notre église de Montreux. Il y a des chapelles où l’a dû batailler pour trouver une place à une messe ou aux trois messes de Noël… Ce n’était pas le cas de Montreux…, mais on était quand même plus nombreux qu’à la crèche !

1er janvier 2022

Une nouvelle année pointe le bout de son nez ! Avec les mois qui passent, on ne devient guère optimiste sur la situation, pourtant une page se tourne et c’est avec un regard renouvelé qu’il nous faut entrer dans la nouvelle année !

Plus prosaïquement, les différentes coutumes pour fêter le passage au nouvel an deviennent de plus en plus bruyantes à en croire les concerts incessants de pétards et autres feux d’artifice – tout cela n’a en soi rien de répréhensible – mais qu’il est beau de voir ces veillées de prière organisées dans nos chapelles pour rendre grâces à Dieu, au cours des derniers instants de l’an désormais passé, et lui confier les premiers moments de l’an nouveau au cours de la messe de minuit – même si cela n’est pas très liturgique.

13 au 16 janvier 2022

Prévue en fin d’année dernière, la visite canonique de notre prieuré de Lucerne peut enfin avoir lieu. C’est toujours une grande joie de faire le tour de nos œuvres, des écoles et des différents mouvements qui se déploient autour de nos maisons.

C’est un constat réjouissant de voir que nos prieurés et nos écoles sont devenus de véritables oasis. Des oasis où la Providence déverse des torrents de grâces et fait croître les fruits les plus variés. Mais ce sont des oasis où l’on arrive de plus en plus assoiffé et d’où l’on veut repartir avec le plus de provisions possibles. Le danger à éviter, c’est d’assécher l’oasis, alors qu’il faut lui laisser le temps et la place pour se renouveler… Cela vaut tout particulièrement pour les membres de nos prieurés, qui ont besoin de vie intérieure et de temps libre pour se renouveler et répondre au mieux aux besoins des âmes.

C’est un grand et délicat équilibre à trouver dans nos maisons. Si, au tout début de nos prieurés, les initiatives étaient souvent prises dans l’urgence et l’enthousiasme d’œuvres à fonder, nos maisons se sont désormais dotées de structures plus établies et stables. Le danger des débuts pouvait être lié à de constants changements, la tentation actuelle pourrait être de trop s’installer. Dans l’idéal, il faudrait garder la fraîcheur et l’énergie des débuts dans une structure stable et professionnalisée, afin de durer sur le long terme. C’est cet équilibre qu’il nous faut viser et que les visites canoniques tendent à réaliser.

15 janvier 2022

Au cours de ce séjour lucernois, c’est un douloureux voyage qu’il faut entreprendre en direction du Valais pour l’enterrement de la maman d’un confrère. Grâce à un système de tests mis en place par la famille, l’église était bien pleine et un grand nombre de fidèles pouvaient entourer la famille de la défunte et prier pour le repos de son âme.

Le même jour, nous apprenons le rappel à Dieu du curé Pierre Epiney. Même s’il s’était écarté de la Fraternité dans les derniers temps de sa vie, on ne peut pas oublier celui sans lequel plusieurs d’entre nous ne seraient pas là aujourd’hui, et c’est bien aussi mon cas ! Alors ne l’oublions pas dans nos prières.

19 janvier 2022

Voyage éclair à Fanjeaux. Il fallait faire le point avec les sœurs dominicaines sur l’avancée de nos projets scolaires dans le canton de Vaud. Certes, le corona a facilité les vidéo conférences, mais c’est toujours mieux en direct…

Sur le fond, les projets avancent, avec lenteur et non sans difficultés, mais nous comptons plus que jamais sur vos prières dans l’espoir de vous donner de bonnes nouvelles sous peu.

Ce voyage me donne aussi l’occasion de rencontrer les postulantes et novices de notre pays qui ne sont pas moins de six. Pour dire toute la vérité, quatre sont issues de la même paroisse, Monthey pour ne pas la citer. Cela mérite un mention toute particulière ne serait-ce que pour susciter une saine émulation !

28 au 30 janvier 2022

L’abbé Niklaus Pfluger ayant dû se dévouer à la dernière minute pour prêcher une retraite, c’est avec joie que j’assure le ministère dans notre chapelle de Brigue. S’il est évident que les bâtiments de la chapelle Saint-Maurice n’ont pas été conçus à l’origine pour une église catholique, il faut reconnaître que l’ensemble est vraiment spacieux et permet une belle vie de paroisse. Preuve en est, il y a toujours quelques nouveaux visages supplémentaires et la paroisse grandit lentement mais sûrement !

31 janvier 2022

C’est toujours un grand honneur de recevoir le supérieur général, ce qui est à nouveau le cas en ce début d’année, à l’occasion de la réunion de tous les prêtres et frères du district. Les sujets d’actualité ne manquent pas et il est très intéressant de bénéficier d’un regard qui dépasse les perspectives de notre petite Suisse.

Dans son homélie de la messe du matin, l’abbé Davide Pagliarani ne manque pas tirer de précieux enseignements de la vie du saint du jour, saint Jean Bosco, qui était à la fois très pris par l’activité d’éducation des enfants et en même temps était dévoré du souci d’envoyer des missionnaires jusqu’en Patagonie.

Désormais, c’est l’ancienne Europe chrétienne et notre chère Suisse qui sont devenues terres de mission. Et donc, la bonne nouvelle, c’est qu’on peut garder l’esprit de don Bosco sans quitter le Suisse !

2 février 2022

En cette fête de la Purification de Marie ainsi que demain, quelques séminaristes suisses reçoivent les ordres mineurs au séminaire de Zaitzkofen, mais comme l’unique Helvète qui prend la soutane se trouve à Flavigny, c’est en direction de la Bourgogne que je prends la route. C’est toujours un petit miracle qu’une vocation et c’est très courageux de la part de ces jeunes de s’engager à la suite du Maître. On aimerait cependant, à la vue du travail à réaliser, qu’ils soient bien plus nombreux à oser répondre à l’appel de Dieu… Mais pour ce jour de prise de soutane, ne manquons pas d’abord de prier pour les grâces des vocations reçues et surtout pour leur persévérance sur la voie du sacerdoce.

10 février 2022

Une invitation très sympathique dans la région de Wil et une question bienvenue me donnent l’occasion de préciser ce que j’ai pu écrire lors de ma dernière visite canonique en décembre dernier.

En présence d’une difficulté, il me semble souvent opportun de la signaler et de la faire paraître à la lumière pour mieux la résoudre. Ne pas aborder en face des difficultés, des défauts, reviendrait à n’avoir aucun espoir de changement, alors que je suis intimement persuadé du contraire : on peut toujours progresser.

Dans la vie spirituelle, il faut lutter contre nos défaillances pour avancer. Une chute, une faiblesse, un péché, ne remettent pas en cause le bien qui a été accompli. Il me semble que cela peut s’appliquer aussi à la vie en société : voir les problèmes et les aborder ne signifie jamais que l’on remet en cause le bien qui a été fait, ni que l’on sous-estime la valeur de ce qui a été accompli, bien au contraire !

t.f.